Vinch

San Francisco

16/10/11

Avec cet article, j’inaugure une série de blog posts qui vous raconteront notre expérience américaine. Je rassure par la même occasion les gens qui étaient inquiets dans les commentaires de mon dernier billet : je continuerai à bloguer, et je continuerai à le faire dans la langue de Molière ! J’ai également remis mon Tumblr sur pieds et c’est probablement là-bas que j’écrirai des trucs en anglais, si je suis inspiré…

L’idée dans ce premier article est de vous faire découvrir la ville qui va nous accueillir prochainement, même si je sais que certains d’entre vous la connaissent déjà très bien…

Postcard

Une vieille carte postale de San Francisco.

Les premières traces de vie à San Francisco remontent à 3000 ans avant Jésus Christ mais les premiers européens à explorer et coloniser la région sont les Espagnols. Le 17 septembre 1776, ceux-ci fondent un presidio et quelques semaines plus tard une mission dédiée à leur patron Saint François d’Assise (« San Francisco de Asis » qui sera raccourci en « San Francisco » et donnera son nom à la future métropole).

From gold to ashes

Longtemps sous domination mexicaine, la cité devient américaine à partir de 1848 et prend son essor peu de temps après grâce à la ruée vers l’or. Elle compte déjà 70000 habitants en 1862 et plus de 400000 en 1906 quand un terrible tremblement de terre de magnitude 8.2 suivi d’un gigantesque incendie détruisent la ville. Cette catastrophe fera plus de 3000 morts.

Market Street (une des artères principales de San Francisco), quatre jours avant le séisme…

La ville connait une première moitié de 20ème siècle plus ou moins mouvementé, organisant une exposition universelle en 1915, souffrant de la grande dépression dans les années 1930 et servant de port de guerre durant le second conflit mondial.

Be sure to wear some flowers in your hair…

Dans le milieu des années 60, San Francisco devient la ville emblématique du mouvement hippie. Il est popularisé par le célèbre « Summer of Love » qui eu lieu durant l’été 1967 dans le quartier de Haight-Ashbury à San Francisco. Environ 100000 personnes y convergent pour créer une gigantesque rébellion culturelle et politique qui se propagera ensuite dans l’ensemble des Etats-Unis (et puis dans le monde entier) ! Cette révolution est rythmée par la musique de Jefferson Airplane, Janis Joplin, The Doors, Grateful Dead et beaucoup d’autres…

Initialement destinée à faire la promotion du festival de Monterey 1967, « San Francisco » de Scott McKenzie devient rapidement un hit et un des hymnes principaux du mouvement hippie.

Dans le même temps, la ville deviendra également le berceau de la cause homosexuelle, grâce notamment à l’activisme politique d’Harvey Milk. Celui-ci sera assassiné en novembre 1978 avec George Moscone, le maire de l’époque. Le film « Milk » (2008) retrace ces événements et a même valu un Oscar à Sean Penn pour son rôle d’Harvey Milk. Le Castro reste le meilleur héritage de ce passé militant, là où de nombreux homosexuels vivent encore et où le drapeau arc-en-ciel flotte fièrement à tous les coins de rue.

Silicium

Le terme « Silicon Valley » (à traduire en « vallée du silicium » et non pas « vallée de la silicone ») est inventé en 1971 par le journaliste Don Hoefler. Il est inspiré par le fait que de nombreuses entreprises de la vallée de Santa Clara (dans le région au sud de la baie de San Francisco) sont à l’époque spécialisées dans les semi-conducteurs et l’informatique.

Apple garage

Le garage où Steve Jobs et Steve Wozniak ont conçu les premiers ordinateurs Apple est situé à Los Altos.

Son émergence est entre autres causée par la localisation à Palo Alto de l’université de Stanford, d’où sortent chaque année de véritables génies de l’informatique. Bill Hewlett et David Packard en furent les précurseurs dans la fin des années 1930 mais c’est plus tard que cette région gagnera ses réelles lettres de noblesse avec la naissance de sociétés comme Apple Computer, Cisco, Adobe et plus récemment Yahoo!, eBay, Google et Facebook… Les garages où furent créés les premiers produits Apple et HP sont désormais devenus des lieux de pèlerinage pour les geeks du monde entier !

Haut lieu du tourisme

Outre ce tourisme geek relativement prisé, San Francisco reste une ville avec de splendides lieux à voir et visiter pour le commun des mortels. Le symbole de la ville est sans conteste le Golden Gate Bridge, un pont suspendu d’une longueur de 2,5 kilomètres et qui rejoint San Francisco à Sausalito, située à la pointe sud de la péninsule du Comté de Marin. C’est le lieu préféré pour les San-Franciscains qui souhaitent en finir, au point que les autorités de la ville veulent installer des filets pour éviter ces événements tragiques.

Golden Gate Bridge

Le Golden Gate Bridge, connu dans le monde entier.

Les célèbres rues pentues de la ville sont probablement aussi connues que le Golden Gate Bridge, grâce notamment à des films comme Bullitt et sa célèbre course poursuite. Malgré les nombreuses collines qui composent la ville, les rues ont quand même été tracées en damier, comme c’est la tradition dans les villes américaines. Du coup, cela donne des rues aux dénivelés impressionnants et qui doivent parfois être remplacées par des escaliers tellement la pente est rude. Pour ces mêmes raisons, la section de Lombard Street entre Hyde Street et Leavenworth Street est devenue mondialement connue grâce à son tracé en lacets, constitué de huit virages très serrés qui lui ont permis d’obtenir la distinction de « la route la plus sinueuse des États-Unis » !

Steve McQueen au volant d’une Ford Mustang dans la célèbre course poursuite du film Bullitt.

Située sur une petite île au nord de la ville surnommée « The Rock », la prison d’Alcatraz est un autre fleuron touristique de la ville. Elle a été active entre 1934 et 1963 et a accueilli des détenus célèbres. Le plus connu d’entre eux est sans conteste le célèbre mafieux d’origine italienne Al Capone. Seuls trois prisonniers (Frank Morris et les frères Clarence et John Anglin) ont réussi à s’en échapper en 1962. Ils ne furent jamais retrouvés… Leur histoire est racontée dans le film « L’évadé d’Alcatraz ».

Painted Ladies

Les Painted Ladies, sur Alamo Square.

Mais quand vous pensez à San Francisco, vous pensez probablement aussi aux célèbres cable cars. Ce tramway est un peu particulier car il ne dispose d’aucun système de propulsion, il se contente juste de s’agripper à un câble qui tourne en continu sous le sol. Et que dire des Painted Ladies, probablement les maisons les plus photographiées des Etats-Unis, voire du monde ! Le générique de « Full House » (« La fête à la maison » en français) fut certainement mon premier contact avec ces bijoux touristiques. Même si ça a très mal vieilli, c’est toujours amusant à voir…

Et si vous en redemandez, les autres choses à ne pas louper à San Francisco sont le quartier chinois (China Town), la Coit Tower, la Transamerica Pyramid (le plus haut gratte-ciel de la ville) et le Fisherman’s Wharf, quartier bordant la mer où vous trouverez le Pier 39, une jetée très touristique remplie de restaurants et boutiques diverses.

Los Gigantes

En sport, les stars de la ville sont les joueurs des San Francisco Giants, l’équipe de baseball locale. Il s’agit d’une des meilleures équipes des Etats-Unis et elle se produit chaque semaine à l’AT&T Park (à l’est de la ville) devant plus de 40000 spectateurs !

Brian Wilson

Brian Wilson, lanceur des San Francisco Giants.

Les autres équipes réputées de la région sont les San Francisco 49ers en football américain, les Golden State Warriors en basketball (ils se produisent à l’Oracle Arena d’Oakland, la ville voisine), les San Jose Sharks en hockey sur glace et les San Jose Earthquakes en soccer (notre football).

The Big One

Au niveau du climat, on ne peut pas dire que San Francisco soit la ville la plus chaude de Californie. Il y fait environ 10°C de moyenne en janvier, le mois le plus froid, et à peine 17°C de moyenne en septembre, le mois le plus chaud. Les étés y sont relativement frais et brumeux. Mark Twain a d’ailleurs dit que l’hiver le plus rude qu’il avait connu dans sa vie était un été à San Francisco ! Par contre, point d’ouragans ou de tornades comme dans d’autres régions des Etats-Unis. Mais le danger est ailleurs. En effet, San Francisco est situé juste au dessus de la célèbre faille de San Andreas et est donc en danger constant. On attend prochainement « The Big One », un grand tremblement au moins aussi déstructeur et meurtrier que celui de 1906. Croisez les doigts pour nous pour que ça arrive le plus tard possible !

En résumé

San Francisco est une ville d’un peu plus de 800000 habitants (moins que Bruxelles), et de 7 millions et demi si on prend en compte la grande région de San Francisco (qu’on nomme « Bay Area » et qui inclut San Jose et Oakland). Il s’agit de la ville la plus densément peuplée des Etats-Unis après New York mais seulement la quatrième ville de Californie et la treizième ville des Etats-Unis au niveau population.

Il est correct de l’abréger en « SF » mais incorrect d’utiliser le surnom « Frisco » qui semble être le meilleur moyen de montrer à un San-Franciscain que vous n’êtes pas du coin.

En résumé, une très belle ville, très ouverte, avec déjà un riche passé malgré une relative jeunesse, le paradis pour les entrepreneurs et les informaticiens. Bref, une ville à voir ! Et quand vous l’aurez vue, vous aurez peut-être envie d’y vivre…

La suite au prochain épisode.

New job. New life.

26/09/11

Revenons quelques années en arrière…

En avril 2009, j’ai co-fondé One Million Dollars (1MD) avec trois camarades d’Emakina. Après quelques années passées dans la société Web n°1 en Belgique et malgré tout ce que nous y avons appris et les personnes formidables que nous y avons rencontrées, nous avions tous les quatre besoin d’un nouveau challenge.

Depuis que nous avons démarré 1MD, je me suis toujours dit que si pour une raison quelconque, l’aventure devait s’achever pour moi, j’aimerais poursuivre mon chemin dans un pays étranger. J’ai toujours regretté de ne pas avoir fait d’Erasmus pendant mes études et ce serait sans doute une bonne opportunité d’aller voir ce qui se passe ailleurs.

The City by the Bay

Plusieurs villes m’ont toujours fait rêver et je me verrais certainement bien vivre à Rome, Madrid, Sydney, Montréal ou encore New York. Mais j’ai toujours pensé que le meilleur endroit sur terre pour l’épanouissement professionnel d’un développeur comme moi était cette ville qui a vu la naissance de sociétés comme Hewlett-Packard, Apple, Google et plus récemment Facebook et Twitter. J’ai nommé San Francisco, bien entendu.

J’ai donc l’honneur de vous annoncer qu’à partir du 1er octobre 2011, je travaillerai à temps plein comme Front-End Engineer pour Storify et que je m’envolerai très prochainement pour la Californie, pour une durée encore indéterminée.

Storify est une plateforme qui permet de regrouper les informations des réseaux sociaux pour en faire des histoires structurées et facilement partageables. Elle a été co-fondée par un belge, Xavier Damman, dont j’ai déjà parlé très souvent ici. Parmi ses utilisateurs, on compte le Washington Post, le Los Angeles Times, la BBC, Al-Jazeera, les Nations Unies et même la Maison Blanche ! La startup a récemment levé 2 millions de dollars, remporté le Knight-Batten Award pour l’innovation dans le journalisme et a été citée par le TIME comme un des 50 meilleurs sites Web de 2011 !

Partir, c’est mourir un peu…

Malgré tout cela, la décision de rejoindre les troupes de Storify a sans doute été la décision la plus difficile de ma (courte) carrière car plus qu’un changement de job, c’est un énorme chamboulement de vie qui m’attend…

Le fait de devoir laisser derrière moi ma famille, mes amis et presque 28 ans de vie en Belgique (un pays que j’aime probablement autant que je le déteste) n’est pas une chose facile. Aller vers l’inconnu de cette façon est quelque chose de terrifiant, mais en même temps de terriblement excitant ! J’estime être encore jeune, je n’ai pas encore d’enfants, pas encore de prêts immobilier, c’est le moment ou jamais de réaliser ce rêve qui me turlupine depuis plusieurs années maintenant… Et je suis conforté par le fait que je serai très bien accompagné dans cette aventure ♥

En outre, Storify est une startup d’une petite taille, très jeune, où il y a encore beaucoup à faire et ce challenge me motive considérablement. J’estime d’ailleurs que le défi est sans doute plus intéressant que d’aller travailler dans une société déjà établie (comme Facebook, par exemple).

Et 1MD ?

Ce n’est pas sans peine que je quitte la boîte que j’ai créée et pour laquelle j’ai donné corps et âme pendant deux ans et demi. Mon départ ne signifie pas un affaiblissement de la boîte et encore moins sa mort. La relève est déjà assurée par des gens très motivés et très talentueux. 1MD, c’est aujourd’hui 7 personnes ultra compétentes, des contrats au niveau européen et une santé financière plus que satisfaisante. De plus, avec ou sans moi, 1MD reste et restera pendant encore de longues années une des agences les plus créatives du royaume, c’est une certitude.

La fête, quant à elle, aura bien lieu mais elle risque d’être encore un peu retardée à cause de tous ces chamboulements. J’y serai plus que probablement, si je suis invité :-)

Ce n’est qu’un au revoir…

Je tiens à remercier mes collègues qui ont supporté mes humeurs, qui m’ont permis de m’améliorer durant ces 30 mois, qui m’ont sans cesse poussé à aller au delà de mes limites et qui ont été très compréhensifs par rapport à ma décision de quitter le bateau.

Je tiens également à remercier tous les super clients qui ont fait et font toujours confiance à 1MD et m’ont permis de faire des projets parfois complètement fous avec cette chouette équipe. Je pense que dans la très grande majorité des cas, ils ne sont pas déçus de ce que nous réalisons pour eux.

Je tiens enfin à vous remercier, vous qui lisez mon blog, qui me suivez sur Twitter et avec qui je discute chaque jour à propos de sujets variés liés à mon métier ou pas du tout. Tous ces échanges et débats me stimulent, me poussent à aller plus loin et me permettent de me perfectionner sans cesse. Si je suis là où je suis aujourd’hui, c’est aussi un peu grâce à vous.

Trève de sentiments, on se retrouve très prochainement ici et ailleurs. A partir de maintenant, j’aurai juste neuf heures de retard sur vous…

A très bientôt !