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50 jours à San Francisco

12/14/11

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Cela fait donc aujourd’hui 50 jours que je suis arrivé à San Francisco. Comme vous pouvez vous en douter, je n’ai pas eu beaucoup de temps à moi durant cette période et par conséquent, peu de temps pour bloguer. Beaucoup de paperasses, la recherche d’un appartement et un premier mois très intense au boulot ont tenu ce blog sous silence. Il est temps désormais de faire le point après presque deux mois de vie sur le sol californien.

Le jour se lève sur la ville.

Le jour se lève sur la ville.

Quand je discute avec diverses personnes (belges ou américaines), on me demande souvent si la Belgique me manque. En général, je réponds que ma famille et mes amis me manquent mais que le pays en lui-même, la Belgique, pas du tout. L’Espagne et l’Italie me manquent mais pas la Belgique. J’ai trop vu la Belgique, ses problèmes, son retard, ses incohérences et je pense que le fait d’en être loin pendant un temps me fait le plus grand bien. Je ne dirai peut-être pas la meme chose dans 6 mois ou 1 an mais voici le discours que je tiens après 50 jours ici.

J’avoue, ce qui me faisait peur en quittant la Belgique, c’était principalement la bouffe. Ne plus retrouver ces trucs que j’aime comme la bière, le chocolat, le fromage étaient un peu ma hantise. J’ai vite été rassuré. On trouve tout ici. Tout. San Francisco est la ville cosmopolite par excellence et les saveurs de n’importe quel pays du monde sont tres bien représentées dans les rayons des supermarchés et dans les nombreux restaurants de la ville. Chez Whole Foods Market, j’ai même trouvé de la McChouffe et certaines bières belges dont j’ignorais l’existence… Certes, certaines choses sont beaucoup plus chères qu’elles ne le seraient en Belgique mais le fait de savoir que c’est là, pas loin, au cas où, est très réconfortant.

Plein de bières belges chez Whole Foods Market !

Plein de bières belges chez Whole Foods Market !

Outre cela, je dois avouer que la beauté de la ville et les températures clémentes qui y règnent (pour l’instant) ne sont pas pour me déplaire. Il faisait encore 23°C le vendredi 2 décembre et j’ai eu l’occasion d’aller très souvent en tenue estivale au boulot. Grâce à ce climat très agréable, j’ai fait beaucoup d’activités touristiques lors de mes premiers week-ends ici. J’ai pu faire toutes ces choses que j’avais regretté ne pas avoir pu faire lors de mes seules visites ici en mai 2010 (Webmission) et en septembre 2010 (touriste). J’ai vu le Golden Gate Park et les quartiers trendy que je n’avais pas encore parcouru comme Haight-Ashbury, Le Castro ou encore Mission District. J’ai aussi visité Alcatraz, le SFMOMA et la vallée des vins (Sonoma Valley).

Mais depuis peu, j’ai l’impression de vivre comme un local. Le fait d’avoir vécu avec deux locaux (coucou à Grant et Neil) dans des endroits relativement peu touristiques (Haight-Ashbury et Lower Pacific Heights) a certainement beaucoup aidé. Je commence à connaître quelques quartiers comme ma poche et même si j’ai encore énormément à découvrir, je sais où il faut aller pour bien manger et où trouver une bonne ambiance pour boire un verre. J’avoue, je suis bien aidé par Yelp, mon nouveau meilleur pote. Je vis maintenant (depuis vendredi) avec ma petite femme dans notre propre appartement avec vue situé à Cole Valley. Amusant d’ailleurs quand on sait que le fondateur de craigslist vit dans ce quartier et que c’est précisément sur ce site que nous avons trouvé l’appartement !

La vue depuis notre appartement.

La vue depuis notre appartement.

Pour les gens qui disent que je vais devenir obèse, sachez que je me suis aussi remis au sport. Je joue à nouveau au football (“soccer” comme ils disent ici), je planifie de rejouer au tennis (dès que ma partenaire aura ramené sa raquette de Belgique) et je me suis acheté un super vélo sur lequel j’ai déjà fait quelques miles (je joue aussi à Canvas Rider mais ça ne compte pas). Au début du mois de juin 2012, je participerai à la randonnée AIDS/LifeCycle entre San Francisco et Los Angeles. Plus de 700 kilomètres répartis en 7 jours de pédalage intensif sont au programme… Je dois donc avoir une bonne bicyclette pour participer à ce challenge et surtout pour m’entraîner un peu afin de ne pas abandonner après la première heure. Souhaitez moi bon courage !

Mon vélo.

Mon vélo.

Au niveau professionnel, tout va très bien. Comme je m’y attendais, travailler dans une startup de petite taille est très excitant. Depuis ma venue, nous avons déjà déployé plusieurs nouvelles fonctionnalités et les retours ont été pour la plupart très positifs. Le produit est de plus en plus utilisé à travers le monde et le meilleur est encore à venir ! Chez Storify, je suis désormais Product Manager au même titre que Front-End Engineer. Je suis en charge de prioritiser les nouvelles fonctionnalités que nous souhaitons ajouter et de faire en sorte que chaque release se déroule au mieux, avec des objectifs ambitieux mais réalistes. Ce rôle est nouveau pour moi donc c’est très enrichissant ! D’un point de vue purement technique, j’apprends pas mal également vu que l’architecture du site est bâtie avec des technologies (Node.js, MongoDB, etc.) que je ne connaissais pas du tout avant d’arriver ici. Je suis encore loin d’être au point mais j’apprécie vraiment travailler dans un environnement totalement nouveau. Ça change de PHP/MySQL !

Et puis, le top du top ici pour un informaticien, je ne vous apprends rien, c’est le networking ! C’est ici que ça se passe et nulle part ailleurs, un point c’est tout. J’ai déjà eu l’occasion d’aller à des meetups chez Yelp, Typekit ou encore Adobe et d’y voir des speakers de renommée mondiale. Je sais que les mecs de Google, Twitter, Facebook, YouTube, SoundCloud, Instagram, LiveFyre (système de commentaire implémenté dans Storify) ou Joyent (les inventeurs de Node.js) ne sont pas loin au cas où on aurait besoin de parler avec eux pour des raisons diverses. C’est super et très stimulant de faire partie de tout ça. C’est la Champions League ici ! Tout va plus vite, tout est plus grand, on se ramasse plus de coups dans les genoux et les chevilles, mais on joue avec les meilleurs ! Je me sens comme un acteur belge qui débarquerait à Hollywood et aurait l’occasion de discuter voire de bosser avec des gens comme Clint Eastwood, Martin Scorsese ou Quentin Tarantino… Bref, génial.

Paul Irish

Paul Irish

Je pense avoir fait le tour de toutes les choses que j’ai pu expérimenter ici durant ces quelques semaines. Rien de bien fou mais rien qui me fasse regretter la Belgique. Attention, car je vous vois venir, loin de moi l’idée de dire que tout est génial aux USA et que tout est moins bien en Belgique. Tout n’est pas génial ici. Et principalement deux choses me font penser que je ne voudrai probablement pas élever mes enfants ici. La première est évidemment le système de santé. Je ne dois pas en dire plus, vous savez très bien que c’est pourri. La deuxième, c’est l’éducation. Je vous invite à lire ce qu’on trouve sur Google à ce sujet. Si on veut résumer de façon simpliste : c’est très cher et le niveau n’est pas forcément au rendez-vous… Tout ça est assez rebutant, n’est-ce pas ?

Ah, et j’ai oublié de vous dire : je commence à ne plus trop être une merde en anglais, même si je suis encore un peu nul. Mais je sens que je m’améliore, c’est le principal :-)

Pour ceux que ça intéresse, je serai en Belgique pour les fêtes de fin d’année et après ça, je retourne en Californie. Pour un petit bout de temps !

San Francisco

10/16/11

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Avec cet article, j’inaugure une série de blog posts qui vous raconteront notre expérience américaine. Je rassure par la même occasion les gens qui étaient inquiets dans les commentaires de mon dernier billet : je continuerai à bloguer, et je continuerai à le faire dans la langue de Molière ! J’ai également remis mon Tumblr sur pieds et c’est probablement là-bas que j’écrirai des trucs en anglais, si je suis inspiré…

L’idée dans ce premier article est de vous faire découvrir la ville qui va nous accueillir prochainement, même si je sais que certains d’entre vous la connaissent déjà très bien…

Postcard

Une vieille carte postale de San Francisco.

Les premières traces de vie à San Francisco remontent à 3000 ans avant Jésus Christ mais les premiers européens à explorer et coloniser la région sont les Espagnols. Le 17 septembre 1776, ceux-ci fondent un presidio et quelques semaines plus tard une mission dédiée à leur patron Saint François d’Assise (“San Francisco de Asis” qui sera raccourci en “San Francisco” et donnera son nom à la future métropole).

From gold to ashes

Longtemps sous domination mexicaine, la cité devient américaine à partir de 1848 et prend son essor peu de temps après grâce à la ruée vers l’or. Elle compte déjà 70000 habitants en 1862 et plus de 400000 en 1906 quand un terrible tremblement de terre de magnitude 8.2 suivi d’un gigantesque incendie détruisent la ville. Cette catastrophe fera plus de 3000 morts.

Market Street (une des artères principales de San Francisco), quatre jours avant le séisme…

La ville connait une première moitié de 20ème siècle plus ou moins mouvementé, organisant une exposition universelle en 1915, souffrant de la grande dépression dans les années 1930 et servant de port de guerre durant le second conflit mondial.

Be sure to wear some flowers in your hair…

Dans le milieu des années 60, San Francisco devient la ville emblématique du mouvement hippie. Il est popularisé par le célèbre “Summer of Love” qui eu lieu durant l’été 1967 dans le quartier de Haight-Ashbury à San Francisco. Environ 100000 personnes y convergent pour créer une gigantesque rébellion culturelle et politique qui se propagera ensuite dans l’ensemble des Etats-Unis (et puis dans le monde entier) ! Cette révolution est rythmée par la musique de Jefferson Airplane, Janis Joplin, The Doors, Grateful Dead et beaucoup d’autres…

Initialement destinée à faire la promotion du festival de Monterey 1967, “San Francisco” de Scott McKenzie devient rapidement un hit et un des hymnes principaux du mouvement hippie.

Dans le même temps, la ville deviendra également le berceau de la cause homosexuelle, grâce notamment à l’activisme politique d’Harvey Milk. Celui-ci sera assassiné en novembre 1978 avec George Moscone, le maire de l’époque. Le film “Milk” (2008) retrace ces événements et a même valu un Oscar à Sean Penn pour son rôle d’Harvey Milk. Le Castro reste le meilleur héritage de ce passé militant, là où de nombreux homosexuels vivent encore et où le drapeau arc-en-ciel flotte fièrement à tous les coins de rue.

Silicium

Le terme “Silicon Valley” (à traduire en “vallée du silicium” et non pas “vallée de la silicone”) est inventé en 1971 par le journaliste Don Hoefler. Il est inspiré par le fait que de nombreuses entreprises de la vallée de Santa Clara (dans le région au sud de la baie de San Francisco) sont à l’époque spécialisées dans les semi-conducteurs et l’informatique.

Apple garage

Le garage où Steve Jobs et Steve Wozniak ont conçu les premiers ordinateurs Apple est situé à Los Altos.

Son émergence est entre autres causée par la localisation à Palo Alto de l’université de Stanford, d’où sortent chaque année de véritables génies de l’informatique. Bill Hewlett et David Packard en furent les précurseurs dans la fin des années 1930 mais c’est plus tard que cette région gagnera ses réelles lettres de noblesse avec la naissance de sociétés comme Apple Computer, Cisco, Adobe et plus récemment Yahoo!, eBay, Google et Facebook… Les garages où furent créés les premiers produits Apple et HP sont désormais devenus des lieux de pèlerinage pour les geeks du monde entier !

Haut lieu du tourisme

Outre ce tourisme geek relativement prisé, San Francisco reste une ville avec de splendides lieux à voir et visiter pour le commun des mortels. Le symbole de la ville est sans conteste le Golden Gate Bridge, un pont suspendu d’une longueur de 2,5 kilomètres et qui rejoint San Francisco à Sausalito, située à la pointe sud de la péninsule du Comté de Marin. C’est le lieu préféré pour les San-Franciscains qui souhaitent en finir, au point que les autorités de la ville veulent installer des filets pour éviter ces événements tragiques.

Golden Gate Bridge

Le Golden Gate Bridge, connu dans le monde entier.

Les célèbres rues pentues de la ville sont probablement aussi connues que le Golden Gate Bridge, grâce notamment à des films comme Bullitt et sa célèbre course poursuite. Malgré les nombreuses collines qui composent la ville, les rues ont quand même été tracées en damier, comme c’est la tradition dans les villes américaines. Du coup, cela donne des rues aux dénivelés impressionnants et qui doivent parfois être remplacées par des escaliers tellement la pente est rude. Pour ces mêmes raisons, la section de Lombard Street entre Hyde Street et Leavenworth Street est devenue mondialement connue grâce à son tracé en lacets, constitué de huit virages très serrés qui lui ont permis d’obtenir la distinction de “la route la plus sinueuse des États-Unis” !

Steve McQueen au volant d’une Ford Mustang dans la célèbre course poursuite du film Bullitt.

Située sur une petite île au nord de la ville surnommée “The Rock”, la prison d’Alcatraz est un autre fleuron touristique de la ville. Elle a été active entre 1934 et 1963 et a accueilli des détenus célèbres. Le plus connu d’entre eux est sans conteste le célèbre mafieux d’origine italienne Al Capone. Seuls trois prisonniers (Frank Morris et les frères Clarence et John Anglin) ont réussi à s’en échapper en 1962. Ils ne furent jamais retrouvés… Leur histoire est racontée dans le film « L’évadé d’Alcatraz ».

Painted Ladies

Les Painted Ladies, sur Alamo Square.

Mais quand vous pensez à San Francisco, vous pensez probablement aussi aux célèbres cable cars. Ce tramway est un peu particulier car il ne dispose d’aucun système de propulsion, il se contente juste de s’agripper à un câble qui tourne en continu sous le sol. Et que dire des Painted Ladies, probablement les maisons les plus photographiées des Etats-Unis, voire du monde ! Le générique de “Full House” (“La fête à la maison” en français) fut certainement mon premier contact avec ces bijoux touristiques. Même si ça a très mal vieilli, c’est toujours amusant à voir…

Et si vous en redemandez, les autres choses à ne pas louper à San Francisco sont le quartier chinois (China Town), la Coit Tower, la Transamerica Pyramid (le plus haut gratte-ciel de la ville) et le Fisherman’s Wharf, quartier bordant la mer où vous trouverez le Pier 39, une jetée très touristique remplie de restaurants et boutiques diverses.

Los Gigantes

En sport, les stars de la ville sont les joueurs des San Francisco Giants, l’équipe de baseball locale. Il s’agit d’une des meilleures équipes des Etats-Unis et elle se produit chaque semaine à l’AT&T Park (à l’est de la ville) devant plus de 40000 spectateurs !

Brian Wilson

Brian Wilson, lanceur des San Francisco Giants.

Les autres équipes réputées de la région sont les San Francisco 49ers en football américain, les Golden State Warriors en basketball (ils se produisent à l’Oracle Arena d’Oakland, la ville voisine), les San Jose Sharks en hockey sur glace et les San Jose Earthquakes en soccer (notre football).

The Big One

Au niveau du climat, on ne peut pas dire que San Francisco soit la ville la plus chaude de Californie. Il y fait environ 10°C de moyenne en janvier, le mois le plus froid, et à peine 17°C de moyenne en septembre, le mois le plus chaud. Les étés y sont relativement frais et brumeux. Mark Twain a d’ailleurs dit que l’hiver le plus rude qu’il avait connu dans sa vie était un été à San Francisco ! Par contre, point d’ouragans ou de tornades comme dans d’autres régions des Etats-Unis. Mais le danger est ailleurs. En effet, San Francisco est situé juste au dessus de la célèbre faille de San Andreas et est donc en danger constant. On attend prochainement “The Big One”, un grand tremblement au moins aussi déstructeur et meurtrier que celui de 1906. Croisez les doigts pour nous pour que ça arrive le plus tard possible !

En résumé

San Francisco est une ville d’un peu plus de 800000 habitants (moins que Bruxelles), et de 7 millions et demi si on prend en compte la grande région de San Francisco (qu’on nomme “Bay Area” et qui inclut San Jose et Oakland). Il s’agit de la ville la plus densément peuplée des Etats-Unis après New York mais seulement la quatrième ville de Californie et la treizième ville des Etats-Unis au niveau population.

Il est correct de l’abréger en “SF” mais incorrect d’utiliser le surnom “Frisco” qui semble être le meilleur moyen de montrer à un San-Franciscain que vous n’êtes pas du coin.

En résumé, une très belle ville, très ouverte, avec déjà un riche passé malgré une relative jeunesse, le paradis pour les entrepreneurs et les informaticiens. Bref, une ville à voir ! Et quand vous l’aurez vue, vous aurez peut-être envie d’y vivre…

La suite au prochain épisode.