Hello, I’m Vinch

And this is my blog.

La bonne façon de manger (ou comment j’ai enfin compris mon corps)

07/17/14

Everything we’ve been told about food and exercise for the past 30 years is dead wrong.

Voici la phrase d’accroche du film Fed Up, un documentaire de Stephanie Soechtig sorti récemment dans certaines salles américaines et qui a définitivement confirmé mes nouvelles convictions en matière de nutrition.

Cela fait maintenant une dizaine d’années que je suis un peu plus gros que je ne devrais l’être. J’ai toujours aimé la bonne bouffe, mais c’est depuis l’université que mes excès ont commencé à se manifester physiquement. Avant ça, et les gens qui me connaissent depuis très longtemps le confirmeront, j’étais très mince, voire maigre.

J’ai appris à vivre avec ce surpoids, faute de pouvoir m’en débarrasser. Cela ne m’a pas trop dérangé jusqu’ici mais très récemment, j’ai commencé à souffrir de vertiges, de fatigue et d’autres symptômes qui devenaient vraiment gênants au jour le jour. C’était en janvier, juste après les fêtes de fin d’année et je pesais à l’époque 98 kg.

J’ai décidé de prendre les choses en main et de faire une prise de sang pour voir ce qui ne tournait pas rond chez moi. Le verdict fut sans appel. J’étais malade. Et si je continuais sur cette voie, je risquais de devenir diabétique dans un futur plus ou moins proche. Mon médecin, qui est un expert en nutrition, m’a alors conseillé un régime assez inhabituel, et qui a changé pour toujours ma relation avec la nourriture.

Vrai bouffe ?

De la vraie bouffe.

Ce régime, qu’on nomme LCHF (pour “low carb, high good fats”), consiste simplement à supprimer tous les sucres de son alimentation et à manger de la vraie nourriture (“real food”), sans devoir se soucier du gras et des calories et sans devoir peser tout ce qu’on mange. Il est très proche des régimes Paleo, Dukan ou Atkins, mais je préfère ne pas lui coller d’étiquette. Même si je le désigne avec le terme “régime” par facilité d’écriture, c’est beaucoup plus qu’un régime, c’est un changement permanent des habitudes alimentaires. C’est devenu pour moi LA bonne façon de manger.

Ce qui est conseillé

  • Viandes — Tous les types, y compris le boeuf, le porc, le gibier, le poulet, etc. N’hésitez pas à manger la graisse sur la viande ainsi que la peau sur le poulet. Si possible, essayez de choisir des viandes biologiques et nourries à l’herbe (“grass-fed”).
  • Poissons et crustacés — Tous les types : les poissons gras, comme le saumon, le maquereau ou le hareng sont fortement recommandés. Évitez juste la panure si possible.
  • Oeufs — Tous les types : bouillis, frits, omelettes, etc. Choisissez de préférence des oeufs bio.
  • Gras naturel et sauces riches en graisse — Utiliser du beurre et de la crème fraiche lorsque vous cuisinez peut donner un meilleur goût aux aliments et vous donner l’impression d’être plus rassasié. Essayez par exemple d’agrémenter certains de vos plats avec de la sauce béarnaise ou hollandaise. Vérifiez les ingrédients si vous l’achetez en magasin ou faites-là vous-même si vous avez le temps (c’est mieux). L’huile de coco et l’huile d’olive sont également d’excellentes options.
  • Légumes — Préférez les légumes qui poussent au-dessus de la terre, comme le chou-fleur, le brocoli, le kale, le chou de Bruxelles, les asperges, les courgettes, les aubergines, les olives, les épinards, les champignons, les concombres, la laitue, les avocats, les oignons, les poivrons, les tomates, etc.
  • Produits laitiers — Sélectionnez toujours des options riches en matières grasses, comme le vrai beurre, la crème fraiche, le yaourt à la grecque et les fromages riches en matières grasses. Soyez prudents avec certains types de lait car ils contiennent parfois beaucoup de sucre. Évitez les produits aromatisés, sucrés et à faible teneur en matières grasses.
  • Noix — Tous les types : pistaches, noisettes, noix de cajou, noix de pécan, cacahuètes, etc. Il est préférable de manger cela plutôt que des bonbons en regardant la télévision. Pas de problèmes si c’est salé mais à consommer avec modération quand même.
  • Baies (tout les fruits qui terminent par “berry” en anglais) — OK mais avec modération. Parfait avec de la crème fouettée.

Ce qui est déconseillé

  • Sucre — C’est le pire. Évitez à tous prix les choses suivantes : sodas, jus, bonbons, barres chocolatées, gâteaux, pâtisseries, crème glacée, céréales de petit déjeuner, etc. Évitez également les édulcorants. Le chocolat noir avec plus de 70% de cacao est OK avec modération.
  • Féculents — Pain, pâtes, riz, pommes de terre, frites, chips, porridge, muesli, etc.
  • Margarine — Il s’agit de beurre industriellement imité avec une teneur anormalement haute en oméga-6. La margarine n’a pas de bienfaits pour la santé et a très mauvais goût (avis personnel). Elle est également statistiquement liée à l’asthme, à certaines allergies et à d’autres maladies inflammatoires.
  • Bière — C’est du pain liquide et elle contient malheureusement plein de glucides qui sont absorbés très rapidement par le corps.
  • Fruits — À part les baies (mentionnées plus haut), les fruits sont à consommer uniquement de façon très occasionnelle, car ils contiennent plein de sucre (même si c’est du sucre naturel, ça reste du sucre).

Au niveau boissons, je ne bois plus exclusivement que de l’eau, du vin rouge (avec modération) et du café (parfois avec du beurre pour faire hipster). Il est également OK de boire des alcools secs comme du whisky, du brandy, de la vodka, etc.

Voilà, ce n’est pas plus compliqué que ça. J’avoue avoir été très sceptique au début comme vous devez sans doute l’être en ce moment même. J’ai vraiment eu du mal à y croire car cela semblait trop beau pour être vrai. Même si je devais me priver de plein de bonnes choses, l’idée de pouvoir manger du bacon et des oeufs chaque matin au petit déjeuner m’a vite plue !

Après quelques jours sans sucre, j’ai commencé à me sentir vraiment mieux, à avoir beaucoup plus d’énergie, et plein d’autres problèmes que j’avais avec mon corps se sont résolus comme par magie. Comme conséquence heureuse, j’ai aussi perdu du poids. Et très vite. 5 kg durant les deux premières semaines. 10 autres sur les semaines/mois qui ont suivi. Mes analyses sanguines sont désormais parfaitement dans les normes, je pèse 83 kg et j’ai un indice de masse corporel normal (mais attention, l’IMC est à prendre avec des pincettes car il considère le jeune homme ci-dessous comme étant obèse).

Obèse ?

Il a l’air con mais il n’est certainement pas obèse.

Cela semble tellement logique de penser que manger gras nous rend gras mais en réalité, c’est manger trop sucré qui nous rend gras.

Pourquoi manger trop sucré nous rend gras ?

La raison scientifique est la suivante : les glucides (sucres au sens large) augmentent les niveaux d’insuline, favorisant le stockage des graisses.

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Gary Taubes, expert en la matière et auteur du livre Why We Get Fat. C’est très bien expliqué dans la séquence vidéo ci-dessous (extraite du film Fat Head que vous pouvez voir en intégralité ici) :

L’explication.

Gary Taubes est un fervent opposant des régimes faibles en gras. On ne peut pas lui donner tort. Depuis les années 80, moment où on a pointé l’excès de gras comme étant la raison principale pour laquelle nous devenions gros et malades, et que les produits “light” ont commencé à prendre une place de plus en plus importante dans les rayons des supermarchés, le ratio d’obèses dans la population n’a jamais cessé d’augmenter. Étrange n’est-ce pas ? Pas tant que ça, et l’industrie agro-alimentaire est sans doute responsable de ce qui nous arrive ! En effet, ils se sont rendus compte, à juste titre, que si on enlevait le gras d’un aliment, il devenait beaucoup moins bon. Du coup, pour compenser, et pour redonner de la saveur aux aliments qu’ils vendaient, ils ont décidé de remplacer le gras par du sucre. CQFD.

Même si l’auteur a été souvent décrié, de plus en plus d’études scientifiques récentes corroborent ses hypothèses. De plus, ça a marché sur moi. Pourquoi ça ne marcherait pas sur vous ?

Le sucre est une drogue

Le plus gros problème du sucre, c’est que c’est très addictif. Des études ont même prouvé que c’est plus addictif que l’alcool, la cocaïne et l’héroïne. Hors, ce n’est pas demain la veille que le sucre sera interdit, voire qu’on cessera de le glorifier. S’il vous semble impossible de faire ce régime car pour vous, le croissant du matin est sacré et vous ne vous voyez pas boire un café sans sucre et sans un speculoos pour l’accompagner, vous êtes plus que probablement intoxiqué. La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible de se désintoxiquer. Ce n’est pas facile, mais c’est possible.

Pourquoi ne pas essayer de perdre du poids en faisant du sport ?

Les années 80, c’est aussi le moment où les salles de sport ont commencé à fortement se développer aux États-Unis et en Europe. Pourtant, à nouveau, avec des chiffres records pour les salles de sport ces dernières années, il n’y jamais eu autant d’obèses qu’aujourd’hui. La raison de ce qui peut sembler un non-sens est en fait toute simple : faire de l’exercice ne fait pas perdre de poids. Faire de l’exercice est bénéfique pour tout un tas de choses, et nous devons en faire autant que possible, mais ne contribue pas du tout à nous faire perdre du poids. Par expérience personnelle, si vous voulez perdre du poids, il n’y a qu’une seule solution : il faut changer votre façon de manger. Ne pas changer sa façon de manger et faire du sport ne fonctionne pas. Changer sa façon de manger et ne pas faire de sport fonctionne. Idéalement, faites les deux.

Et le cholestérol dans tout ça ?

C’est la question qu’on me pose souvent quand je dis que je mange plein de protéines et de gras tous les matins au petit déjeuner. C’est vrai, qu’en est-il du cholestérol ? Et bien, à nouveau, c’est un autre mythe qui s’effondre : le cholestérol ne provoque pas de maladies cardiaques. Comme le montre la vidéo plus bas, il est impossible d’établir une correlation entre le niveau de cholestérol et la probabilité d’avoir une maladie cardiaque. Les deux valeurs ne sont simplement pas liées. Je rajouterais que les maladies cardiaques ne sont pas réservées qu’aux gros. Même si vous pensez être sain car vous êtes mince, vous êtes peut-être un TOFI (“thin-outside-fat-inside”). La seule façon de savoir si tout va bien à l’intérieur, c’est de faire un scanner ou une prise de sang.

Dire que le taux de cholestérol est lié aux maladies cardiaques, c’est comme dire que les fans de Beyoncé ont plus de chance de rester coincé dans un ascenseur que le reste de la population.

D’après mes dernières analyses sanguines, mes niveaux de cholestérol sont normaux, mais je viens de prouver que ça n’avait finalement que peu d’importance.

Et le sel ?

Ce fut une autre surprise pour moi. Le sel n’est probablement pas aussi mauvais qu’on a essayé de nous le faire croire. C’est même plutôt recommandé dans certains cas. En effet, j’avais l’habitude d’avoir des crampes lorsque je faisais des efforts physiques pour une durée trop longue. Mon médecin m’a conseillé de bien m’hydrater et de manger très salé avant l’effort. Depuis lors, je n’ai plus aucun problème.

En résumé

Je pense avoir fait le tour de tout ce que je voulais raconter. Je pourrais vraiment en parler pendant des heures tellement le sujet est presque devenu une passion pour moi. Quelle incroyable découverte d’enfin comprendre comment fonctionne le corps humain ! Et c’est inouï de se rendre compte qu’on a pu se tromper pendant si longtemps ! En pensant bien faire, on a fait pire que mieux, et mis la santé de millions de personnes en péril.

S’il ne fallait retenir que 5 trucs de ce que je viens de raconter, ce serait :

  • Cela fait plus de 30 ans que nous nous trompons à propos de la bonne façon de manger.
  • Manger de bonnes graisses est excellent pour la santé mais manger trop sucré nous rend gras.
  • Le sucre est plus addictif que la pire des drogues dures.
  • Faire de l’exercice ne fait pas perdre de poids.
  • Le cholestérol ne provoque pas de maladies cardiaques et le sel probablement pas non plus.

TIME cover

La couverture du TIME en 1984 (qui met en garde contre le gras et le cholestérol) comparée à la couverture du TIME en 2014 (qui admet son erreur passée et encourage à manger du bon gras).

Conclusion

Pour conclure, je vais reprendre tel quel (en anglais donc) le principe numéro 30 du site web Modern Paleo :

You are 100% responsible for your own life, health, and happiness. Refuse to submit to the standard dogmas just because everyone believes them. Read, think, inquire, and judge for yourself. Don’t depend on the government and its lackeys to keep you healthy. Insist on the inalienable rights of all persons to produce, trade, and consume voluntarily — free from the unjust burdens of government regulations, subsidies, and taxation.

Je rajouterais qu’il ne faut pas être un nazi du régime (jeu de mot involontaire) et que s’accorder un écart de temps en temps n’est pas la fin du monde. Il vaut mieux ça que d’essayer de remplacer des aliments qu’on aime par dessus tout par des substituts sains (par exemple : remplacer les spaghettis par des courgettes coupées en fine lamelles). Ce sera toujours moins bon que l’aliment original et mènera à de grandes frustrations qui vous feront abandonner le régime aussi vite que vous ne l’avez commencé. Mon conseil : faites un top 5 des aliments “interdits” que vous aimez par dessus tout et continuez à les manger, faites le juste beaucoup moins souvent.

La clé, c’est de continuer à prendre du plaisir en mangeant et de savoir si ce qu’on mange est bon ou pas. C’est déjà une grande évolution par rapport au passé proche de savoir ce qui nous rend gros et malades. Personnellement, ça me donne l’impression d’avoir un super-pouvoir.

Références

Si vous souhaitez creuser le sujet, vous trouverez ci-dessous les références qui m’ont aidé à devenir un être sain (et accessoirement, à rédiger cet article). En espérant que ça puisse aider certains de mes lecteurs qui souhaitent retrouver la santé !

Comparaison

01/02/14

Je suis de retour depuis presque deux semaines en Belgique et j’ai pu déjà revoir pas mal d’amis et de membres de ma famille. On a beaucoup discuté de ma/notre nouvelle vie, cela suscite évidemment la curiosité. Les interrogations qui reviennent souvent concernent les disparités entre la Belgique et les États-Unis. Même si les deux cultures sont relativement proches, il existe des différences notables. Si ça vous tente un jour de passer à l’acte et de vous envoler vers le rêve américain, ceci pourrait vous intéresser.

Ma comparaison porte sur ce que je connais. Je vis en Californie et ce que je dis n’est pas à généraliser à l’ensemble des États-Unis. La Californie est un monde à part et la Silicon Valley en particulier est un monde à part dans ce monde à part. Je sais que la donne est différente si vous vivez dans l’Idaho ou le Michigan.

Le système politique

La première chose à savoir quand on débarque aux États-Unis, c’est qu’on arrive dans un pays avec un système politique très libéral, assez différent de ce qu’on connait en Europe (la Belgique est plutôt de tendance sociale-démocrate). Aux États-Unis, on donne moins à l’état (via les taxes et impôts divers) et celui-ci est beaucoup moins interventionniste. Cela a du bon et du moins bon mais ça dépend évidemment de vos convictions politiques…

Voici quelques différences considérables :

  • L’indexation des salaires, le pécule de vacances et le 13ème mois n’existent pas. D’un autre côté, on vous enlève beaucoup moins sur votre salaire brut (seulement aux alentours de 30%).
  • La plupart des contrats sont “At-Will”, c’est-à-dire qu’on peut vous licencier sans préavis. D’un autre côté, vous pouvez partir de votre boulot du jour au lendemain.
  • Les allocations familiales sont inexistantes et les pensions beaucoup moins importantes. À nouveau, si vous avez un bon job, comme on vous prend moins à la base, il est plus facile d’épargner, et vous n’aurez peut-être pas besoin de ces aides.
  • etc.

En vulgarisant beaucoup, dans un système politique comme en Belgique, on a tendance à vous prendre plus d’argent à la source pour ensuite le redistribuer équitablement sous formes d’aides, de primes, d’allocations, etc. Si vous n’avez pas forcément besoin de toutes ces choses, vous avez quand même payé pour. Aux États-Unis, on vous laisse quasiment tout ce que vous gagnez et vous vous débrouillez ensuite pour placer votre argent dans ce que vous souhaitez.

Pour ma part, je me reconnais beaucoup plus dans un système libéral (voire libertarien) que dans un système social-démocrate (mais j’imagine que vous vous en doutiez un peu).

La météo

Le truc pour lequel il n’y a vraiment pas photo. Peu de pluie à San Francisco, jamais de neige depuis 1976, des températures qui vont rarement en dessous des 10 degrés mais aussi rarement au dessus des 25 degrés. On dit que c’est le printemps tout l’année à San Francisco, sauf durant les deux mois d’été, où c’est l’hiver, à cause du brouillard.

La neige à San Francisco

La dernière fois qu’il a neigé à San Francisco, les gens avaient beaucoup de cheveux.

Les loisirs et les sorties

Les employés ont droit à assez peu de congés aux États-Unis mais comme j’aime le dire, nous avons 104 jours supplémentaires de congé, tant nous profitons à 100% de nos week-ends, ce qui n’était pas du tout le cas quand nous étions en Belgique. Tout ça grâce à la météo clémente mais aussi grâce aux richesses de la ville et de la région. Il y a toujours quelque chose à faire et nous en profitons la plupart du temps pour nous vider l’esprit et être en pleine forme le lundi matin de retour au boulot. Culturellement, San Francisco est une ville très correcte. On y trouve quelques musées, des cinémas, des salles de concerts, des théâtres, un opéra, etc. même si cela reste probablement inférieur à certaines villes de la côte est, comme New York.

Au niveau sorties, on trouve de nombreux restaurants et de nombreux bars, d’origines et de styles vraiment différents afin que chacun y trouve son compte. Par contre, dès qu’un resto devient un peu “hype” (ou s’il a + de 4 étoiles dans Yelp), vous devrez faire la file, parfois pendant plus d’une heure, pour y avoir une table. Je ne m’y ferai jamais.

Zazie

La file pour avoir droit à un brunch chez Zazie, dans le quartier de Cole Valley.

Mais ce qui choque le plus l’Européen qui débarque aux États-Unis, c’est que tous les bars ferment à 2 heures du matin. En conséquence, on commence à faire la fête beaucoup plus tôt. Pour ma part, je n’ai jamais été un gros fêtard donc ça ne me dérange pas et je trouve même ça mieux. Je n’ai jamais compris pourquoi il fallait attendre qu’il soit presque minuit pour qu’il commence à y avoir de l’ambiance dans les bars en Belgique.

La bouffe et les boissons

Non, le hamburger accompagné d’une Bud Light n’est pas le seul plat qu’on puisse manger aux États-Unis. En Californie, on mange vraiment très bien, et en particulier à San Francisco qui est une des meilleures villes américaines pour les amateurs de bouffe. Dans les supermarchés (ouverts tard et le dimanche, soit dit en passant), presque tous les produits frais sont locaux et de bonne qualité.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai l’impression de mieux manger depuis que je me suis expatrié. Je mange plus de légumes et moins de féculents. Par contre, je suis évidemment toujours partisan d’une bonne crasse de temps en temps (en particulier, je suis un grand fan des food trucks qui sont très répandus aux États-Unis).

Whole Foods

Le rayon légumes chez Whole Foods Market.

Tout ça n’est évidemment valable que pour la Californie. J’ai eu l’occasion de me promener dans des états un peu plus perdus comme l’Utah, l’Idaho et le Wyoming et c’est vraiment un défi de trouver un truc correct à manger là-bas.

La bière américaine est aussi une réelle découverte et une agréable surprise. Il y a énormément de microbrasseries qui produisent de la bière de très haute qualité. Il est également possible de trouver pleins de bières belges dans les magasins (spécialisés ou non) mais elles sont évidemment un peu plus chères. Et il est même assez simple de trouver de l’Orval, ce qui ne semble pas être le cas en Belgique (d’après ce qu’on m’a dit).

Le vin californien n’a plus rien à prouver non plus (je vous recommande de regarder le film Bottle Shock à ce sujet) même si mes amis français vous diront que ça ne vaut pas encore le vin de leur pays ;-)

Le service

Pour moi, le plus gros décalage entre Europe et États-Unis tient dans le service à la clientèle. Les Américains sont la plupart du temps très sympas, souriants et compréhensifs. Ils ont l’air vraiment heureux de vous aider et de vous servir. Cela rend évidemment l’expérience globale beaucoup plus agréable.

Vous ne devrez jamais attendre 15 minutes pour avoir l’opportunité de payer votre addition dans un restaurant. Cependant, on est parfois à la limite du harcèlement tant ils viennent vous demander toutes les 5 minutes si tout va bien. Par contre, on sent que quand vous avez fini, vous n’êtes plus trop le bienvenu. On ne traîne pas au resto pendant des heures comme on peut le faire en Europe.

L’autre revers de la médaille, c’est le pourboire (tip) qu’il faut ajouter au prix total de ce que vous avez consommé. Il varie entre 15% et 20% de la note. Personnellement, ça ne me dérange pas, c’est un mal pour un bien, car je sais que s’il n’y avait pas le pourboire, le service serait moins bon. Pourquoi être sympa avec le client alors que vous serez de toute façon payé de la même façon ?

Les crottes de chien

Je voulais absolument en parler. En deux ans, je n’ai jamais vu une crotte de chien trainer sur un trottoir à San Francisco (ou si peu). Pourtant, nos amis canins sont omniprésents, c’est une des villes américaines où il y a le plus de chiens par habitant. Il y a aussi beaucoup de parcs aménagés pour les chiens, où on vous fournit le nécessaire pour ramasser les excréments de votre animal de compagnie. De nouveau, l’amende est lourde si vous laissez trainer un caca quelque part, et les forces de l’ordre sont là pour faire respecter les règles.

Les chiens

Nos amis canins qui jouent à la baballe.

La route et les voitures

Je n’ai jamais été aussi zen en voiture qu’en Californie. Les gens sont courtois et respectent les règles. On peut même dire qu’ils sont limite “papys” au volant. Personne ne vous collera au cul, ne vous fera une queue de poisson ou vous fera des appels de phare si, aux yeux de votre agresseur, vous ne roulez pas assez vite sur la troisième bande. Évidemment, la menace qui pèse en cas d’infraction est plus importante aux États-Unis. Les policiers sont présents partout, et les amendes sont très lourdes, mais au moins, tout le monde se tient à carreau et on se sent en sécurité !

En Belgique et d’autres pays d’Europe, j’ai toujours eu l’impression qu’un sentiment d’impunité total régnait sur les routes (et c’est même officiel depuis peu). Les forces de l’ordre sont inexistantes, les gens roulent comme des dingues et installent des avertisseurs de radar alors qu’il suffirait juste de respecter les limitations de vitesse pour éviter les problèmes ! Ne pas respecter les règles sur la route est devenu une normalité. Je suis partisan du fait que chacun fait ce qu’il veut de sa vie, mais quand ça met en danger les autres, je n’arrive pas à l’accepter, et je le condamnerai toujours.

D’après moi, en Californie (et peut-être dans d’autres états — je n’ai pas vérifié), deux choses permettent à chacun d’être beaucoup plus calme et fluidifient fortement le trafic :

  • Sur l’autoroute, il est autorisé de dépasser par la droite. Le connard de la bande du milieu n’existe pas. Ça demande d’être plus attentif quand on change de bande, mais honnêtement, ça change vraiment tout.
  • Lorsque vous êtes à un feu rouge et que vous voulez tourner à droite, vous êtes autorisés à passer si rien ne vient de la gauche (sauf indication contraire bien-sûr).

De plus, les routes sont en général plus larges et de meilleure qualité, ce qui doit aider aussi.

La route

Je ne m’énerve (presque) plus jamais au volant.

Autre chose, le concept de la voiture de société n’y existe pas et je trouve que c’est une bonne chose. Certaines boîtes vont même plus loin, et encouragent leurs employés à utiliser le vélo ou les transports en commun en pénalisant les gens qui viennent en voiture (en faisant payer le parking, par exemple). De toute façon, si vous vivez et travaillez à San Francisco, posséder une voiture est inutile vu que les transports en commun sont relativement efficaces et quasiment jamais en grève (même si parfois, je trouve que “MUNI sucks“) et que des initiatives comme Zipcar, Uber ou encore Lyft sont très développées.

Aussi, les voitures électriques ont l’air d’être en plein essor, car on peut en apercevoir beaucoup (majoritairement des Tesla mais pas uniquement) et parce que les bornes de recharges sont présentes un peu partout.

La banque et le paiement

Un truc pour lequel on est vraiment super fort en Belgique, c’est la banque. Tout se fait par virement électronique, nos cartes disposent de puces et nos systèmes sont très sécurisés de manière générale. Aux États-Unis, de façon étonnante, c’est encore le Moyen-Âge. On utilise encore beaucoup les chèques car il y a des frais si on fait des virements. Il y a des frais pour quasiment le moindre truc d’ailleurs. Il y a aussi beaucoup de fraudes, du fait que les cartes utilisent encore exclusivement les bandes magnétiques, qu’on ne vous demande jamais votre code pin si vous utilisez une carte de crédit et qu’une partie de la sécurité repose encore sur le truc le plus facilement falsifiable du monde qu’est la signature. À cause de toutes ces fraudes, si vous payez en ligne selon un modèle qui leur semble anormal (genre réserver un billet d’avion sur un site espagnol), votre banque bloquera immédiatement votre carte et vous appellera pour vous demander si c’est bien vous qui venez de faire ce paiement. D’un côté c’est bien car ils semblent prendre un peu la sécurité au sérieux mais c’est quand même très embêtant à la longue, surtout qu’ils pourraient éviter tous ces tracas en améliorant le système en amont (mais ça ne se fera pas en un jour).

En revanche, et sans doute à cause de ce retard au niveau bancaire, on peut voir la naissance de pas mal de startups américaines destinées à révolutionner (ou “disrupter” comme ils disent) le domaine, comme Square, Stripe, Simple, Venmo et beaucoup d’autres.

Starbucks

Vous pouvez payer avec votre smartphone chez Starbucks.

Les soins de santé

C’est assez simple, si vous n’avez pas d’assurance, il ne vaut mieux pas tomber malade car vous allez très vite devenir pauvre (même si c’est en train de changer avec les réformes récentes de Barack Obama). Heureusement, la plupart des entreprises fournissent des assurances de qualité à leurs employés et des visites de routine chez le médecin et le dentiste ne vous couteront pas grand chose. Toutefois, si vous deviez subir des interventions plus lourdes, il vaut toujours mieux le faire en Europe.

Le cout de la vie

La vie est très chère à San Francisco. Comptez à partir de $2000/mois pour un appartement une chambre et à partir de $3000/mois pour un appartement deux chambres.

Tout est vite un produit de luxe, surtout si vous voulez manger un peu sainement (les trucs surgelés dégueulasses sont bon marché, quant à eux). Vos courses vont donc à chaque fois vous couter un peu cher de même que les boissons dans les bars (surtout le vin, alors que c’est souvent local) et les restaurants de manière générale. Il y a évidemment moyen de bien manger pour des sommes totalement correctes si on cherche un peu (et sans devoir faire la file).

En contrepartie, on est vraiment mieux payé (et surtout moins taxé) qu’on ne l’était en Belgique, surtout dans cette bulle qu’est l’industrie technologique. Du coup, l’un dans l’autre, notre niveau de vie est plus ou moins pareil (voire mieux) que ce qu’il n’était avant de débarquer à SF.

Les gens et l’atmosphère générale

Je trouve les gens assez “cool” en Californie, relativement ouverts mais parfois compliqués et un peu arrogants (surtout les petits jeunes qui pensent qu’ils sont les rois du monde car ils bossent dans une boîte technologique renommée). L’atmosphère générale reste positive, on sent que les choses bougent à toute vitesse, et se trouver entourés de gens super intelligents et super créatifs est très enrichissant.

Canard

Normal à San Francisco.

Mais ce que je trouve le mieux quand je compare avec la Belgique, c’est que les gens qui entreprennent et qui réussissent sont bien vus et ne sont pas considérés comme des magouilleurs et des profiteurs. On ne se demande pas si c’est normal que X gagne autant d’argent. On se demande comment il a fait et on s’en inspire. L’argent n’est pas un tabou, bien au contraire.

Bref, tout le monde est heureux de travailler dans cette bulle innovante qui ne connait pas la crise, remplie d’opportunités en tous genres et qui a déjà révolutionné plusieurs industries. En espérant qu’elle n’explose pas trop vite car j’ai parfois l’impression qu’on ne règle pas les bons problèmes !

Conclusion

Je pense avoir abordé les sujets les plus importants. Je pourrais encore vous parler de plein de choses, comme l’éducation, mais je ne suis pas vraiment concerné et je ne m’y connais pas assez pour en parler. Je n’ai pas non plus parlé des problèmes liés à l’obtention d’un visa car ils mériteraient un article de blog à eux seuls !

Je le répète, cette comparaison porte sur ce que je connais mais surtout sur mes goûts et convictions personnelles. Je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec cette notion de “mieux” que j’exprime souvent dans cet article car c’est totalement subjectif.

Quoiqu’il en soit, si vous voulez faire vos valises pour les États-Unis, vous pourrez désormais le faire plus ou moins en connaissance de cause !

L’autre vie

11/24/13

Il est 5h30. Le réveil sonne. J’ai 30 ans aujourd’hui. Quel dommage que ça tombe un lundi. Pas le temps de trop y penser, je prends ma douche, je m’habille, je me fais un petit café et je suis déjà sur la route. Je pars toujours très tôt pour éviter les bouchons et pour pouvoir rentrer assez tôt pour aller chercher les enfants à l’école. Je ne déjeune pas à la maison. J’ai pris l’habitude d’aller chercher une couque tous les matins chez Panos, à une dizaine de minutes à pied du bureau. Je sais qu’il y a sans doute une centaine de meilleurs endroits pour casser la croute le matin mais c’est devenu une sorte de rituel. J’y ai été depuis mon premier jour et je n’ai qu’à de très rares occasions brisé ce protocole, même quand c’est la grosse drache sur Bruxelles, comme c’est le cas aujourd’hui.

Je travaille chez Belfius, une banque belge qui s’appelait autrefois Crédit Communal et ensuite Dexia. Ça a été mon premier et unique job jusqu’à présent. Cela fait 8 ans que j’y travaille. Je ne sais pas si j’y resterai toute ma vie mais je m’y plais assez bien et plus important que tout, j’ai la sécurité de l’emploi ! C’est crucial dans ces temps de crise. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer, surtout dans le secteur bancaire. J’ai un salaire correct, une Audi A3 de société, des chèques repas et quelques autres avantages.

Belfius

Mon bureau.

Je ne suis pas banquier. J’ai étudié l’informatique à l’université de Mons-Hainaut entre 2001 à 2005. J’ai reçu le diplôme de licencié en informatique avec grande distinction. Mon poste chez Belfius est donc dans ce domaine. Je suis analyste programmeur et responsable de la sécurité sur Belfius Direct Net, notre portail d’online banking. Toutefois, mon titre est quelque peu mensonger. Cela fait de nombreuses années que je ne programme plus vraiment. Dans ce genre de grandes structures, les licenciés ne mettent pas vraiment les mains dans le cambouis. On laisse ça aux gradués. De toute façon, je ne pense pas que la programmation me manque vraiment. Ce n’était pas trop mon fort à l’université.

Il est un peu plus de 9h et mon chef arrive. Il me souhaite un joyeux anniversaire. C’est le premier à me le souhaiter aujourd’hui mais c’est normal, les autres ne pourraient pas le savoir car j’ai pris soin de ne pas les ajouter sur Facebook. Ce sont mes collègues, pas mes amis, et je n’ai pas envie qu’ils connaissent toute ma vie. Mon chef est le seul à me connaître un peu mieux. C’est lui qui m’a engagé. Par contre, je ne suis pas sur qu’il sache que je passe un grand cap aujourd’hui. Il doit avoir perdu le compte et penser que j’ai 35 ans car c’est ce à quoi je ressemble physiquement. Avoir eu des enfants si jeune, la grisaille et le stress m’ont prématurément fait prendre quelques rides et fait perdre pas mal de cheveux.

Jusqu’à présent, c’est une journée comme les autres. Rien d’excitant mais c’est tant mieux. Mon job est de faire en sorte que tous les voyants soient au vert et c’est le cas. Je suis assez enthousiaste à l’idée de démarrer une refonte de notre système d’envoi de virements dans quelques semaines. Malheureusement, nous sommes toujours en attente de validation de la part du management. Cela peut prendre pas mal temps mais je m’y suis habitué. En attendant, c’est un peu le chômage technique, même s’il y a évidemment toujours des choses à faire. Une autre chose qui me fait dire que c’est une journée comme les autres : le café est toujours aussi peu savoureux. Je continue quand même à aller en chercher plusieurs fois par jour, histoire de me dégourdir un peu les jambes et de passer le temps.

Il est 15h et ma journée se termine tout doucement. Direction Tubize. Dès que je suis sorti des études, ma femme et moi avons acheté un terrain dans cette petite bourgade du Brabant Wallon située à 30 km de Bruxelles. Nous y avons fait construire très peu de temps après. Les taux étaient très intéressants à l’époque. Nous nous y plaisons, c’est notre chez nous. C’est aussi très pratique car c’est à environ 10 minutes en voiture d’Hennuyères, le village où mes parents vivent et où j’ai passé mon enfance. La maison est relativement grande, avec un beau jardin mais j’aimerais bien l’étendre et construire une veranda. Cette augmentation que je demande depuis des années me permettrait de réaliser ce projet plus vite que prévu mais d’après ce qu’ils me disent, j’aurais atteint un seuil et si je veux gagner plus, il faudrait que je prenne la place de mon chef. Malheureusement, mon chef est bien vissé à sa place. Je pourrais éventuellement la lui prendre quand il part à la retraite, mais ça n’arrivera pas avant une bonne dizaine d’années.

Maison Blavier

Notre maison.

Ce week-end, j’ai lu un article dans le Télé Moustique à propos de Mark Zuckerberg (le PDG de Facebook) et tous les milliardaires de la Silicon Valley. Parfois, je me prends à rêver et à me dire que je pourrais également me lancer, créer ma propre société et que l’argent ne soit plus un problème. Mais je suis vite freiné par l’idée de l’échec. Je n’ai aucune connaissance en gestion et j’ai l’impression que j’aurais beaucoup plus de chances d’échouer que de réussir. De plus, après m’être un peu renseigné, on m’a dit que les indépendants étaient fortement taxés, surtout durant les premières années. Je pourrais également dire au revoir à tous ces beaux avantages que j’ai chez Belfius. Qui nourrira mes enfants et payera le prêt de la maison si jamais mon projet ne fonctionne pas ? Je n’ai pas envie de tous ces soucis. Je suis bien où je suis. Je ne peux pas mettre ma situation en danger, c’est inconcevable !

-

Ce texte que vous venez de lire est une fiction. C’est ma vie si en 2005, fraîchement sorti de l’université, j’avais fait des choix plus conventionnels par rapport à mon futur. Je ne dis pas que c’est bien ou que c’est mal. Je respecte totalement les gens qui font ces choix. Pour ma part, je suis heureux d’avoir décidé de sortir de ma zone de confort, d’avoir pris mon destin en main et d’avoir tenté quelque chose de différent.