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Copiepresse bafoue les fondements de l’Internet

07/22/11

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[Disclaimer] Cet article a été initiallement posté sur le site du journal Le Soir et rédigé de façon collaborative par Xavier Damman et moi-même. Il s’agit d’une réaction à l’édito de Philippe Laloux datant du 16 juillet 2011. Je le reposte ici pour la postérité !

Les journaux francophones belges ont récemment été privés de référencement par Google. Ils ont, les uns après les autres, crié au scandale sans jamais remettre en question leur lutte (à travers Copiepresse) pour empêcher Google d’offrir à ses utilisateurs une meilleure façon de découvrir leur contenu. Il y a eu beaucoup de désinformation à ce sujet et nous voulions remettre cet épisode en perspective.

Nous sommes deux « digital natives ». On dit que nous appartenons à la génération Y. Nous consultons régulièrement le site lesoir.be, mais nous n’avons pas acheté une seule fois la version sur support « arbre mort ». Nous ne regardons quasiment jamais la télévision non plus, mais c’est un autre sujet.

Nous avons la ferme conviction qu’Internet est un réseau de libre échange d’information qui a un impact positif sur le monde. Il permet aux gens de communiquer, de s’organiser et même de renverser des dictatures. Il permet à n’importe qui d’assister aux cours de l’université de Stanford gratuitement, ou si vous êtes vraiment motivé, de suivre les négociations parlementaires en Belgique, même depuis San Francisco.

Internet est notre futur. Nous ne pouvons laisser Copiepresse utiliser des lois établies à l’époque du CD-ROM pour saboter ses innovations et ses merveilles sans réagir.

Google est un site Internet comme un autre avec ses qualités, ses défauts et ses limitations techniques. À l’instar de Facebook ou d’autres sites et applications comme Flipboard, ils ont le droit de télécharger n’importe quelle page du site lesoir.be et d’en garder une copie (une version en cache, ce dont Copiepresse se plaignait). Grâce à cela, un service comme « The Wayback Machine » peut vous montrer à quoi ressemblait le site lesoir.be en 1996.

Grâce à cette même technique, Google peut vous offrir l’accès à un site même lorsque les serveurs sont indisponibles. Il vous permet aussi de consulter les news en vous offrant un aperçu qui vous permet de faire le tri entre ce que vous voulez voir et ne pas voir. Le but de tout cela n’est pas de faire du mal ou de s’approprier le contenu de tiers, mais simplement d’améliorer notre accès à l’information.

L’attaque juridique de Copiepresse est donc une atteinte aux fondements de l’Internet. C’est une attaque à vous, lecteurs, qui souhaitez pouvoir consulter votre site d’information francophone via Google News ou d’autres services similaires.

Cette attaque de Copiepresse repose sur des lois qui ont été écrites au siècle précédent pour éviter le libre échange de l’information, aussi connu sous le nom de “copyright”.

Avec l’Internet, l’humanité rentre dans une nouvelle ère qui repose sur le concept de “copyleft”. Le copyleft, par opposition au copyright, a pour but d’assurer un libre échange de l’information tout en préservant l’attribution. En d’autres termes, l’information est libre de voyager sur Internet pour autant qu’il y ait toujours un lien vers l’auteur original. Un excellent exemple est YouTube. Lorsque vous publiez une vidéo sur YouTube, n’importe qui peut la publier sur son site à son tour. Quel que soit le site sur lequel la vidéo est publiée, votre nom sera toujours associé à la vidéo en tant qu’auteur (la plupart du temps, vous avez d’ailleurs tout intérêt à ce que votre vidéo soit largement publiée et vue des milliers de fois). Quel intérêt pour l’auteur ? Une reconnaissance et une influence qu’il peut utiliser pour monétiser son audience. Dans cette nouvelle dynamique, on ne monétise plus un avoir physique qu’on a intérêt à garder pour soi, mais on monétise une distribution, un flux, qu’on a intérêt à partager pour croître son audience.

Si nous prenons le temps d’écrire cette réponse, ce n’est pas pour défendre Google ou l’Internet. Ils vont tous les deux très bien, merci. Telle une force de la nature, l’Internet continuera inlassablement son développement, et ce avec ou sans la fédération Wallonie-Bruxelles et ses médias. Non, si nous prenons le temps de réagir, c’est parce que nous ne voulons pas que cette région (nation ?) au coeur de l’Europe rate ce nouveau wagon porteur de progrès. Arrêtons de nous lamenter sur les vestiges du siècle passé et embrassons ce nouveau monde. Entrons dans le 21ème siècle, maintenant.

Est-ce que nos médias sont prêts à rentrer dans ce nouveau siècle des lumières ou vont-ils continuer à se battre pour défendre un passé qui n’est plus adapté aux nouvelles réalités de ce nouveau monde connecté ? La planète se connecte, la planète partage, la planète apprend.

Êtes-vous sur la même planète ?

EDIT 27/07/2011

Notre article a déjà eu droit à deux réactions (quel succès !) :

2011, l’année des hackers (?)

01/13/11

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Je n’ai pas l’habitude de me lancer dans des prédictions pour l’année à venir, je n’ai pas et je n’aurai jamais la prétention de prédire l’avenir. Je laisse ça aux grands gourous 2.0 que Cédric a si bien décrit dans un récent billet. Le passé nous a déjà prouvé que rien n’est prévisible et que la plupart des événements qui entrent finalement dans l’histoire étaient totalement inattendus. A part lire des banalités que même mon chien aurait pu formuler entre deux promenades, je ne trouve rien d’intéressant dans ces prédictions. Ah oui, Apple va racheter Facebook, c’est vrai, tout le monde y croit à mort ! (sous réserve que Facebook ne ferme pas le 15 mars 2011 bien sûr, on y croit dur comme fer également)

Pourtant, j’avoue, je m’étais déjà lancé dans ce genre de prédictions par le passé, et j’avais vu juste ! Cela m’avait même valu le surnom de Vinstradamus ! Comme quoi…

Non, sérieusement, cette année, je vais me lancer. Je ne vais pas prendre un énorme risque, certes. Je vais juste vous affirmer que 2011 sera, plus que jamais, l’année des hackers !

« Mais c’est méchant un hacker, non ? Ca crée des virus et alors mon PC il devient lent lol ! »

Mmmm, pas exactement, non. Je pense qu’il est temps de redéfinir la vraie signification du mot hacker, chère madame.

Littérallement, hacker veut dire bidouilleur, bricoleur. Le terme est utilisé pour désigner des programmeurs astucieux et débrouillards. Plus généralement il désigne le possesseur d’une connaissance technique lui permettant de modifier un objet ou un mécanisme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu (merci Wikipédia, tu m’ôtes les mots de la bouche).

Le hacker n’a généralement pas d’intentions sombres et destructrices, bien au contraire. Dans la tête des gens, le terme hacker est souvent confondu avec le terme cracker (Wikipédia) qui, lui, désigne un pirate informatique destructeur.

Le hacker utilise généralement ses connaissances en programmation pour essayer d’améliorer son quotidien, et s’il met le fruit de son travail à disposition, il améliore ainsi le quotidien du plus grand nombre.

C’est dans cet esprit que j’avais réalisé, en 2006, un Web service permettant d’obtenir le programme TV, grâce à la technique du Web scraping (parcourir le code source HTML d’une page pour en extraire les informations désirées). J’avais décrit ma manoeuvre dans ce billet. Malheureusement, j’avais vite été rattrapé par les commerciaux impolis de TvBase qui m’avaient menacé par téléphone. Ils n’auraient sans doute rien remarqué si je n’avais pas fait mon malin sur mon blog mais peu importe. J’étais jeune à l’époque. J’ai fermé ma gueule et j’ai mis le truc offline. De toute façon, c’était totalement illégal, j’en conviens. Mais ça m’avait permis de m’amuser et d’apprendre, tout n’était pas perdu. Je trouve juste dommage qu’en 2011, il n’existe toujours aucun format ouvert permettant d’obtenir ce genre d’informations et que des boîtes comme TvBase arrivent encore à gagner beaucoup d’argent avec ça. Bref, c’est une autre histoire.

Autre exemple, Michaël Uyttersprot avait réalisé une application mobile lui permettant d’obtenir les horaires de la STIB (la compagnie de transports en commun de la région de Bruxelles) en temps réel sur son téléphone Android. Il utilisait également la technique du Web scraping mais il a eu plus de chance que moi. En effet, la STIB ne lui a pas tapé sur les doigts (enfin, peut-être un peu) mais lui a commandé une vraie application Android, utilisant des données légitimes cette fois-ci. Depuis lors, il a également réalisé le site mobile http://m.stib.be (avec Grégoire en charge du design) et d’après ses derniers tweets (genre « Objective-C, c’est trop de la balle ! »), je ne prends pas beaucoup de risques en affirmant qu’il bosse sur une application iPhone. Une chouette histoire à raconter dans toutes les chaumières, au coin du feu.

Mais le plus célèbre des hackers aujourd’hui reste sans doute Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, élu personnalité de l’année 2010 par TIME. Les prémices de Facebook se basent sur plusieurs actes de hacking de sa part. Si vous voulez en savoir plus à son sujet, je vous conseille d’aller voir le film The Social Network (sans conteste dans mon top 3 de 2010 avec Toy Story 3 et Inception). C’est ce qui me fait dire que 2011 sera plus que jamais l’année des hackers.

Ce sentiment est conforté par la naissance de mouvements comme le Hack Democracy, initié par Xavier Damman, un développeur belge parti créer un business à succès à San Francisco. Plusieurs fois par mois, des hackers belges et d’autres curieux se réunissent pour discuter des meilleures façons d’améliorer la vie du citoyen grâce aux données et à l’informatique. Le prochain Meetup Hack Democracy aura lieu le 19 janvier 2011.

Ce sentiment est encore plus conforté par ces graphistes et développeurs qui lancent des actions citoyennes (230111.be, camping16.be, lerecorddumonde.be) qui auraient rassemblé 17 geeks 2.0 il y a quelques années mais arrivent aujourd’hui à réunir des milliers de personnes et font le tour de tous les médias (francophones et néerlandophones) de notre cher Royaume (bien aidés par des réseaux sociaux tels Twitter et Facebook, des outils créés par des hackers).

Tout ceci me fait me poser la question suivante : Les hackers seront-ils les rockstars de demain ? Wait and see.

L’utopie de la vie privée sur Internet

11/26/10

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Un titre un brin provocateur, comme j’en ai parfois l’habitude, j’avoue. En ces temps où chaque individu connecté à Internet possède son propre blog, il faut pouvoir sortir du lot. Vous lisez ces lignes, j’ai gagné.

Ca fait longtemps que le sujet de la vie privée sur Internet me turlupine. Les inquiétudes ont du démarrer au moment où Google a lancé les publicités contextuelles dans son client mail (Gmail).
« Google lit tous mes emails ! ». Aïe aïe aïe… Il est devenu brûlant avec les succès de Facebook (surtout) ou foursquare (dans une moindre mesure).

Privacy

Pour moi, dès que nous branchons notre cable RJ45 ou nous connectons au WiFi sur notre ordinateur, il faut pouvoir être conscient du postulat suivant :

« La moindre action que nous réalisons sur le Web est publique. »

Et son corrolaire :

« Si vous ne souhaitez pas qu’une chose devienne publique d’une quelconque manière, ne la postez pas sur le Web. »

En effet, tout est mesurable sur Internet. C’est sans doute ce qui fait sa force par rapport à d’autres médias comme la TV ou la radio (où les possibilités sont moins larges).

Est-ce que tout est mesuré ? Certainement pas. Et quand bien même tout serait mesuré, est-ce que toutes ces mesures sont exploitées ? Certainement pas.

Quand je vois les critiques qu’on fait à l’égard de Facebook ou foursquare, j’avoue qu’il m’arrive de m’interroger. La plupart des sites de ce genre ne font que fournir une coquille vide. C’est nous qui choisissons d’y raconter notre vie, d’y poster nos photos de vacances et de dire où nous nous trouvons en temps réel. Pourquoi leur reprocher notre trop grande loquacité ?

Est-ce que tous ces sites exploitent nos données ? Peut-être, mais c’est le prix à payer pour utiliser des services totalement gratuits, non ? Rien n’est vraiment gratuit, en fait.

Est-ce que l’exploitation de ces données constituent un quelconque danger ? Certainement pas. Je peux me tromper mais je pense que si ces données sont exploitées, elles doivent l’être de façon groupées, pour dégager des tendances plus ou moins précises.

J’avoue que je ne me suis pas penché précisément sur la question mais j’imagine que dans le cadre d’une enquête de police, ces données pourraient ressortir contre nous si nous avons fait quelque chose de mal, mais peut-être aussi nous fournir un alibi et nous innocenter (pourquoi pas, après tout ?)

J’ai l’impression que si quelqu’un nous veut vraiment du mal, il y arrivera d’une façon ou d’une autre. A nous de ne pas trop lui faciliter la tâche en lui fournissant des données trop précises, bien sûr (cfr. cambriolage 2.0 d’emich).

Autre chose, sur Twitter, on me faisait remarquer qu’un enfant n’était pas au courant de toutes ces implications et que cela pouvait constituer un danger. Je pense qu’il s’agit ici d’une question d’éducation. Au même titre qu’on conseille à un enfant de regarder des deux côtés avant de traverser et de ne pas accepter de sucreries de la part d’un inconnu, on devrait également leur expliquer les implications de ce qu’ils font sur la toile. Et si les parents ne sont pas au courant non plus ? Je leur conseillerais sans doute de lire ce post :-)

Reste le problème de l’ami qui poste une photo on a une sale tronche ou du rival qui crie sur tous les forums que « Vincent Battaglia est un gros con ». Que faire ? L’ami comprendra qu’on souhaite que la photo soit supprimée. Le rival a sans doute de bonnes raisons de dire ça…

Toujours est-il qu’on met toujours en avant, dans la presse, les cas où les choses ont dérapé, comme cet employé qui s’est fait licencier après avoir participé à une fête alors qu’il était censé être souffrant. On ne parle de cet adolescent qui s’est fait enlever mais qui a pu être retrouvé très vite grâce à son dernier check-in foursquare. On ne parle pas non plus de ce mec qui s’est fait engager parce qu’il raconte beaucoup de choses sur son blog et que sa personnalité a plu à son futur employeur (en fait, j’aime rappeler que c’est comme ça que je me suis fait engager chez Emakina à l’époque).

Privacy

Pour conclure, ce qu’il faut retenir de ce que j’ai brièvement essayé de démontrer, c’est qu’il faut faire gaffe à ce qu’on fait sur le Web et ne s’en prendre qu’à soi-même à partir du moment où des parties délicates de notre vie privée sont étalées. Sous leur apparence sécurisante, les comptes Facebook ultra protégés ou Twitter privés restent publics et il ne faut sans doute pas y poster n’importe quoi, sans non plus tomber dans une paranoïa excessive (je ne pense pas qu’on risque grand chose finalement). Reprocher à des sociétés comme Google ou Facebook d’enregister et exploiter nos données est un peu ingrat, par rapport aux services qu’elles nous rendent chaque jour gratuitement, sans nous réclamer le moindre euro. Ils ne nous obligés à rien, ce qu’ils ont, nous leur avons fourni.

Je vous invite à donner également votre avis. N’hésitez pas à dire que « Vincent Battaglia est un gros con » (les commentaires constructifs sont acceptés aussi). J’ai sans doute un avis un peu libéral et naïf sur la question donc je peux comprendre qu’il ne soit pas à 100% partagé par tous !