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L’utopie de la vie privée sur Internet

11/26/10

This post is more than 6 years old. It might not reflect my current skills and convictions.

Un titre un brin provocateur, comme j’en ai parfois l’habitude, j’avoue. En ces temps où chaque individu connecté à Internet possède son propre blog, il faut pouvoir sortir du lot. Vous lisez ces lignes, j’ai gagné.

Ca fait longtemps que le sujet de la vie privée sur Internet me turlupine. Les inquiétudes ont du démarrer au moment où Google a lancé les publicités contextuelles dans son client mail (Gmail).
« Google lit tous mes emails ! ». Aïe aïe aïe… Il est devenu brûlant avec les succès de Facebook (surtout) ou foursquare (dans une moindre mesure).

Privacy

Pour moi, dès que nous branchons notre cable RJ45 ou nous connectons au WiFi sur notre ordinateur, il faut pouvoir être conscient du postulat suivant :

« La moindre action que nous réalisons sur le Web est publique. »

Et son corrolaire :

« Si vous ne souhaitez pas qu’une chose devienne publique d’une quelconque manière, ne la postez pas sur le Web. »

En effet, tout est mesurable sur Internet. C’est sans doute ce qui fait sa force par rapport à d’autres médias comme la TV ou la radio (où les possibilités sont moins larges).

Est-ce que tout est mesuré ? Certainement pas. Et quand bien même tout serait mesuré, est-ce que toutes ces mesures sont exploitées ? Certainement pas.

Quand je vois les critiques qu’on fait à l’égard de Facebook ou foursquare, j’avoue qu’il m’arrive de m’interroger. La plupart des sites de ce genre ne font que fournir une coquille vide. C’est nous qui choisissons d’y raconter notre vie, d’y poster nos photos de vacances et de dire où nous nous trouvons en temps réel. Pourquoi leur reprocher notre trop grande loquacité ?

Est-ce que tous ces sites exploitent nos données ? Peut-être, mais c’est le prix à payer pour utiliser des services totalement gratuits, non ? Rien n’est vraiment gratuit, en fait.

Est-ce que l’exploitation de ces données constituent un quelconque danger ? Certainement pas. Je peux me tromper mais je pense que si ces données sont exploitées, elles doivent l’être de façon groupées, pour dégager des tendances plus ou moins précises.

J’avoue que je ne me suis pas penché précisément sur la question mais j’imagine que dans le cadre d’une enquête de police, ces données pourraient ressortir contre nous si nous avons fait quelque chose de mal, mais peut-être aussi nous fournir un alibi et nous innocenter (pourquoi pas, après tout ?)

J’ai l’impression que si quelqu’un nous veut vraiment du mal, il y arrivera d’une façon ou d’une autre. A nous de ne pas trop lui faciliter la tâche en lui fournissant des données trop précises, bien sûr (cfr. cambriolage 2.0 d’emich).

Autre chose, sur Twitter, on me faisait remarquer qu’un enfant n’était pas au courant de toutes ces implications et que cela pouvait constituer un danger. Je pense qu’il s’agit ici d’une question d’éducation. Au même titre qu’on conseille à un enfant de regarder des deux côtés avant de traverser et de ne pas accepter de sucreries de la part d’un inconnu, on devrait également leur expliquer les implications de ce qu’ils font sur la toile. Et si les parents ne sont pas au courant non plus ? Je leur conseillerais sans doute de lire ce post :-)

Reste le problème de l’ami qui poste une photo on a une sale tronche ou du rival qui crie sur tous les forums que « Vincent Battaglia est un gros con ». Que faire ? L’ami comprendra qu’on souhaite que la photo soit supprimée. Le rival a sans doute de bonnes raisons de dire ça…

Toujours est-il qu’on met toujours en avant, dans la presse, les cas où les choses ont dérapé, comme cet employé qui s’est fait licencier après avoir participé à une fête alors qu’il était censé être souffrant. On ne parle de cet adolescent qui s’est fait enlever mais qui a pu être retrouvé très vite grâce à son dernier check-in foursquare. On ne parle pas non plus de ce mec qui s’est fait engager parce qu’il raconte beaucoup de choses sur son blog et que sa personnalité a plu à son futur employeur (en fait, j’aime rappeler que c’est comme ça que je me suis fait engager chez Emakina à l’époque).

Privacy

Pour conclure, ce qu’il faut retenir de ce que j’ai brièvement essayé de démontrer, c’est qu’il faut faire gaffe à ce qu’on fait sur le Web et ne s’en prendre qu’à soi-même à partir du moment où des parties délicates de notre vie privée sont étalées. Sous leur apparence sécurisante, les comptes Facebook ultra protégés ou Twitter privés restent publics et il ne faut sans doute pas y poster n’importe quoi, sans non plus tomber dans une paranoïa excessive (je ne pense pas qu’on risque grand chose finalement). Reprocher à des sociétés comme Google ou Facebook d’enregister et exploiter nos données est un peu ingrat, par rapport aux services qu’elles nous rendent chaque jour gratuitement, sans nous réclamer le moindre euro. Ils ne nous obligés à rien, ce qu’ils ont, nous leur avons fourni.

Je vous invite à donner également votre avis. N’hésitez pas à dire que « Vincent Battaglia est un gros con » (les commentaires constructifs sont acceptés aussi). J’ai sans doute un avis un peu libéral et naïf sur la question donc je peux comprendre qu’il ne soit pas à 100% partagé par tous !

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