Bandes dessinées adaptées pour les sourds et malentendants
La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai vu que ce genre de choses existait est : « Mais pourquoi est-ce qu’une personne sourde et malentendante aurait besoin d’une adaptation pour pouvoir lire une bande dessinée ? Les sourds et malentendants ne sont quand même pas aveugles ! »
Lors de Paris Web 2007, j’ai assisté à une présentation de Jean-Louis Carvès (IBM) où ce dernier vantait les bienfaits des sous-titres pour rendre accessible la vidéo sur le Web. Mais depuis, la question a été posée : « Sous-titrer les vidéos les rendent-elles vraiment plus accessibles ? »
La réponse est de toute évidence : pas vraiment !
En effet, et le chiffre est éloquent (si je puis dire), trois quarts des sourds ne savent ni lire, ni écrire ! En effet, l’apprentissage d’une langue passe avant tout par l’ouïe. Au fur et à mesure de l’apprentissage de notre langue maternelle, nous avons créé des équivalences entre oral et écrit. Pour les enfants nés sourds, la langue maternelle est le langage des signes. Le problème est que ce langage n’est pas basé sur des mots et des constructions de phrases mais sur des idées. Il n y a donc aucune équivalence directe entre le langage des signes et l’écriture.
Voilà pourquoi Dupuis a eu la bonne idée de créer des bandes dessinées accessibles aux sourds et malentendands.
Le principe est le simple (mais il fallait y penser). Vous lisez une bande dessinée case par case sous la forme d’une vidéo en Flash. Les philactères sont simplement remplacées par un petit cadre où une dame retranscrit le contenu de la philactère par une explication en langage des signes.
Rendez-vous sur le site (choisissez la section « Parlé codé ») pour voir cela de vos propres yeux et finissons en avec l’analphabétisme chez les sourds !
Source : Spirou.com
C’est pas con!
Ah bon ? J’étais pas au courant. Je pensais d’ailleurs qu’en télévision ou les jeux vidéos les sous-titrages servaient à ces personnes. Comme quoi, on a encore plein de choses à apprendre de ces gens. Mais alors, ils sont très peu nombreux à utiliser internet ? Difficile d’adapter le contenu à ce public en particulier.
De plus c’est une collection de qualité. Ce sont vraiment des BD adaptés aux plus jeunes et le fait d’adaptés cette collection n’est pas innocent ! Bonne idée !
Le chiffre est proche de 70%. Ils sont nombreux à pratiquer internet contrairement à ce qu’on pourrait penser, en général en étant aidé par leur entourage (parents/éducateurs/amis).
Et je trouve que c’est une super excellente idée
J’allais oublier, il y a une excellente émission sur la cinq : L’oeil et la main. Au mois d’octobre, ils ont programmé une émission sur les sourds et internet. Malheureusement, elle n’est pas encore en ligne dans les archives. Un peu de patience donc
Pardon pour le spam, c’est là : http://www.france5.fr/oeil-et-main/archives/35575324-fr.php
Merci pour toutes ces infos, Myriam !
Je découvre moi aussi que les sourds et malentendants sont analphabètes pour la plus part… Tous les sous-titres (téletexte ou directement à l’image comme sur TV5) sont donc finalement utile à une petite minorité parmis eux seulement…
C’est moi qui suis un ignare, ou cette réalité est-elle effectivement peu connue ?
C’est une super initiative !
Mais connaissant bien le monde des sourds, il existe aussi un problème culturel. En effet, les sourds ont une culture bien particulière. Par exemple, les sourds n’ont pas du tout le même humour que les entendants. Une blague d’entendant ne fera pas rire un sourd et vice versa.
Et ça, on ne peut pas y faire grand chose.
Il est très difficile de faire passer à tous un message équivalent.
Ca aussi c’est fou tiens… c’est carrément différent à ce point ? La vache c’est bien plus chiant que ce que je pensais d’être sourd (non pas que j’imaginais ca comme une cinécure, mais bon on me laisserait le choix jepréfèrerais être sourd qu’aveugle)
Je connais assez bien le monde des sourds, et je ne connaissais pas les bd en LSF (Langue des Signes Française. cependant, dans le site, le « parlé codé » n’est pas la LSF! c’est un code le LPC (Langage Parlé Complété). d’après ce que j’ai vu, la LSF n’est pas encore mis en ligne.
Ensuite, tout les sourds ne sont pas illettrés, la plupart saventlire mais il est vrai qu’ils ont beaucoup de problèmes de compréhension en ce qui concerne le vocabulaire. voilà, les sous titrages restent quand même accessibles pour la majorité d’entre eux.
PS: c’est vrai que la culture Sourde est très différente!
il ne faut pas dire que les sourds sont analphabètes, c’t faux. On sait lire, calculer et ecrire mais le plupart des sourds a probleme avec la strature des phrases françaises. (par ex : moi, j’ai pb, lol) alors il faut qu’ils lirent tt le temps quand on peut, la lecture depuis son petit, son enfance comme les yeux lirent seulement tte la journée..
pr les entendants, lire par leurs yeux et écouter par leurs oreilles 24 h sur 24 h (sauf dodo, lol ) .. voilà
L’idée d’interpréter les Bandes dessinées de la Collection Punaise appartient pas aux Editions Dupuis néanmoins, grâce à son Directeur, Monsieur Denis Lapierre, elle a pu se concrétiser. Le projet pilote est finalisé. Un rendeùent de deux bandes dessinées par mois est programmée à partir du mois de mars 2008.
Merci pour l’info. Puis-je me permettre de la reprendre sur mon site en reprenant votre article et mettre un lien vers votre blog ?
(répondez moi par mail)
Merci !
sophie
Une idée originale qu’il faut saluer!
Quelques précisions malgré tout:
Dans la plupart des pays industrialisés, on évalue la population sourde / malentendante à environ 8%.
A partir de quand peut on parler de surdité?
Dans ces 8%, on enregistre très peu de personnes sourdes maîtrisant correctement la langue des signes et le nombre de malentendants ainsi que, appelons les, « devenus sourds » reste largement majoritaire.
Le STT s’adresse essentiellement à cette catégorie.
Il existe une infinité de profils qui répondent aux critères de la surdité, il ne faut pas trop généraliser en prétendant que 70% des sourds ne lisent pas, n’écrivent pas, sont analphabètes.
Un tel raisonnement risque de les enfermer définitivement dans une logique d’assisté et de laissé pour compte.